arboriculture alternative,lutte écologique contre les pucerons cendrés et lanigères/auxiliaires autochtones ferme cueillette des authieux

 

logoin21.jpgintroduction:

Après 2 années d’essais de lutte contre les pucerons cendrés et lanigères, par régulation naturelle, la saison 2012 sera décisive pour valider sur le verger de la ferme une lutte naturelle uniquement basée sur l’action des insectes  auxiliaires autochtones. Cette méthode peut être qualifiée d’alternative, ni conventionnelle, ni biologique.

Dans le cadre de l’arboriculture conventionnelle, l’intervention chimique est réalisée ( conseil P.F.I. production fruitière intégrée) dès présence . Cette technique pour être efficace doit être réalisée tôt en saison toujours avant enroulement des feuilles. Cette préconisation aboutit souvent à une intervention systèmatique autour du stade floraison.

Dans le cadre de l’arboriculture biologique ( selon les modèles A.B.) la volonté est de réduire le plus possible la quantité de pucerons dès le moment des pontes à l’automne. Des barrières sont faîtes à l’aide de pulvérisation d’argile. Des huiles blanches sont faites également au printemps dans la période des éclosions ou un peu avant. Certains utilisent tôt en saison des insecticides « naturels » non selectifs pour réduire le nombre, ou faire disparaître les pucerons cendrés.

ces 2 techniques ne sont pas satisfaisantes, de plus elles sont très néfastes aux auxiliaires des pucerons lanigères. Sur la ferme nous faisons le pari que la réussite du contrôle des acariens par le thyphlodrome , est transposable sur les pucerons, qui ont  la particularité d’être très appétants pour les auxiliaires. Le rôle de l’arboriculteur est de créer un milieu favorable aux insectes et à la vie au sens large, et ce dès la conception de son verger .La régulation se fera narturellement si aucun insecticide ne modifie le rythme du développement des auxiliaires dont il ne faut jamais retarder l’action. La succession éclosion-développement des fondatrices d’une part et ponte des auxiliaires-action des larves doit se faire dans la continuité,  intérrompre le rythme , crée un retard avec des phénomènes d’échappement les ravageurs ne sont plus alors sous contrôle.

La seule originalité de cette méthode est d’ intégrer un environnement « vivant » à la mise en place du verger et ensuite de faire confiance à la nature, sans utiliser d’insecticides généralistes, et  en acceptant la présence de quelques foyers mal contrôlés, mais sans influence économique.

l’espace cultivé est intégré dans un cadre plus large,respectueux d’une biodiversité utile à la culture,le tout constituant un paysage local harmonieux. Et tout le monde est content… sauf l’industrie chimique, qui doit apprendre à jouer un rôle plus ciblé, dans ses mises au point de nouvelles molécules , toujours utiles pour contrôler les phénomènes d’échappements .

SAISON 2010 

SAISON 2011

SAISON 2012

MARS 2012: les comptages d’hiver en janvier avaient révèlé la présence d’oeufs de pucerons sur 65% des bourgeons avec une densité par bourgeon  de 1 à 3 oeufs ( comptages effectués sur le tiers bas des arbres). Au 10 mars les éclosions n’ont pas commencé. Elles se sont étalées entre le 15 et 20 mars de façon très groupées, comme pour les années précédantes. Au 25 mars les pucerons issus des oeufs sont déjà très nombreux ( 1 à 10 par bourgeon, au stade D3 pour Jonagored).Côté auxiliaires, les adultes de coccinelle et de syrphe sont présents et les premières larves de syrphes également.

AVRIL 2012: Observations au 01 avril,après la nuit froide, -2,3°C, lors du contrôle d’éventuels dégâts de gel sur les boutons floraux,un prélévement de 10 boutons sur une diagonale de 100 mètres dans le verger de la cueillette  a été fait.La première constatation est qu’il n’y a pas de gel apparant, mais surtout que la situation concernant les populations de pucerons à considérablement évoluée . La totalité ( il ne s’agit pas d’un poisson d’avril) des 10 boutons observés sont colonisés par des larves de syrphe encore toutes jeunes et très actives ( 1 à 3 par bouton). Il est très difficile de trouver des pucerons vivants, les cadavres  sont très nombreux. Le constat est que sur cette partie de verger, en 5 jours la situation s’est complétement inversée . Le nombre de larves de syrphe dans le verger doit être considérable , elles n’auront probablement pas suffisamment de nourriture pour toutes se développer. Sur la partie de verger observée, il serait surprenant que des populations de pucerons puissent s’installer dans l’immédiat. Ces observations sont très encourageantes . Des questions se posent concernant les syrphes: d’oû viennent -ils? oû ont ils passé l’hiver,dans les haies de la ferme?dans le voisinage? est-ce une population en déplacement attirée par les pucerons du verger? se sont-ils déplacés après avoir pondu en masse?trouvent-ils suffisament de nouriture sur place?…

Il est certain qu’à cette période de l’année ce sont les syrphes les véritables régulateurs des populations de pucerons et non les coccinelles. 

22 AVRIL 2012 : Depuis le 15 avril, les comptages sur des échantillons de 10 bouquets à chaque fois révèlent une présence faible de pucerons et d’auxiliaires, les conditions atmosphèriques sont froides. Nous n’avons pas trouvé de puceron cendré. Les très nombreuses larves de syrphe juvéniles actives ont laissé place à de rare grosse larves en fin de cycle 1.2 mm de long. On remarque depuis 15 jours malgrés les températures basses de nombreuses grosses mouches noires, le verger n’est toujours pas en floraison F1.

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grosses-mouches bio dans professionnel-bio

04 MAI 2012 :  Depuis 3 semaines le temps est frais et très pluvieux, la floraison se passe sous de mauvaises conditions les Boskoop sont en défloraison, les Jonagored en pleine fleur et les Suntan commencent  à fleurir. un relevé sur 20 bouquets fait apparaître une faible présence d’insectes, quelques coccinelles sur le bois , pas d’insectes auxiliaires dans les boutons prélevés.  Quelques rares feuilles enroulées, parsemées de  cadavres de pucerons aspirés. Et en tout est pour tout 1 puceron vert. vivant. En résumé :situation calme.

cadavrs-de-pucerons cendréscadavres de pucerons

08 MAI 2012 :  le contrôle d’un échnatillon de 20 bouquets pris dans le verger, ne révèle pas de présence d’insectes parasites ou auxiliaires. Il faut s’orienter sur les feuilles enroulées pour trouver des colonies de pucerons . La grande majorité des colonies sont mortes. Des déjections de larves de syrphe, sont fréquentes. Les seuls foyers vivants relevés aujourd’hui sont des colonies de pucerons verts. je note la présence d’oeufs de syrphe fraîchement pondus.

10 OCTOBRE 2012:  Depuis le début mai les pucerons n’ont jamais étaient repérés et tout le début de saison froid et humide jusqu’au 14 juillet a été très néfaste aux insectes en général. Le retour du beau temps à partir du mois d’aout est sans influence sur l’action  éventuelle des pucerons cendrés  . Aujourd’hui au moment de la récolte nous  constatons très peu de dégâts.

Les 4 parcelles de pommiers de la ferme, n’ont pas été protégées contre les pucerons . Aucun comptage n’a été fait , mais l’observation  faite tout au long de la récolte permet d’annoncer des dégâts inférieurs à 1 ou 2 %. A l’exception de rares arbres en bord de parcelle sur-lesquels les dégâts sont supérieurs à 10 %.

En conclusion sur cette étude grandeur nature et sur trois saisons, il est possible de tirer 3 enseignements :

En premier lieu, la population d’auxiliaires autochtones, dans notre cas la population de syrphes est naturellement d’un niveau suffisant pour contrôler la presque totalité des pucerons cendrés.

Deuxièmement , il semble qu’il n’y ai pas de lien entre l’intensité des dégâts et la quantité d ‘oeufs pondus à l’automne, les auxiliaires ayant besoin de nourriture.Ce point est important , il va à l’encontre de beaucoup d’idées reçues. Par contre cela paraît assez logique si l’on fait le choix d’une protection à l’aide d’auxiliaires , les mêmes observations avaient été faites avec les typhlodromes.

Le troisième point est la vitesse d’action des syrphes et son ampleur, qui sont assez surprenantes par rapport aux nombres d’adultes que l’on observe.

Je pense que dans nos conditions , le risque de se laisser déborder par une attaque de pucerons cendrés, est très limité, mais qu’il est indispensable de contrôler l’action des syrphes par l’observation soigneuse des boutons floraux au moment de l’éclosion des pucerons, qui est très groupée. C’est le moyen le plus sur d’avoir une idée de l’importance des populations de syrphes. Ne rien faire pouvant perturber les auxiliaires en début d’éclosion des pucerons pendant une période d’environ 3 semaines et s’ils sont présents en masse je pense  que le risque de dégâts est faible.

Un risque faible est l’acceptation de moins de 5% de dégâts .( Ce sont souvent les fruitières du bas et de l’intérieur des arbres qui sont touchées).

 L’adoption de cette méthode de lutte, naturelle, passe par cette acceptation .

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2 Réponses à “arboriculture alternative,lutte écologique contre les pucerons cendrés et lanigères/auxiliaires autochtones ferme cueillette des authieux”

  1. Blanchet
    9 septembre 2014 à 8:40 #

    Jardinier amateur, ma récolte de mirabelles et de quetsches est souvent compromise par une action combinée de pucerons et d’hoplocampes, la végétation se faisant très mal. Dois-je traiter en bio avant même l’apparition des fleurs et des feuilles et si oui comment.
    Un grand merci pour votre blog que je découvre et qui m’a passionné.Vous êtes le devenir de notre agriculture face à l’agriculture dite conventionnelle en complète perdition.

    Jean Pierre Blanchet

    Mantes La Ville

  2. 12 septembre 2014 à 16:02 #

    bonjour
    je vous remercie de vos encouragements
    les 2 parasites que vous cherchez à combattre pour protéger votre récolte de prunes, ne peuvent malheureusement pas être contrôlés par des insecticides biologiques sélectifs.
    Si les insectes auxiliaires ne sont pas suffisamment nombreux pour réduire les populations, alors il possible d’utiliser un insecticide biologique mais les insectes auxiliaires ne résisteront pas.
    Il est préférable de traiter tôt en saison dès l’apparition des parasites, avant fleur. En traitant tôt vous toucherez moins d’insectes auxiliaires.
    bien cordialement
    b leforestier

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